3 bougies pour N’Hirondelle !

Il y a trois ans je m’immatriculais en tant que solo-entrepreneur et l’oeuf d’Hirondelle que je couvais depuis septembre 2014 éclosait enfin !

Alors comme ma copine Le Crapaud Charmant qui m’a inspiré cet article, et qui elle vient de fêter son premier anniversaire, c’est l’heure du bilan ! Et je vous livre ici mon état d’esprit au moment de souffler mes 3 bougies !

S’il y a une chose dont je suis certaine c’est que le 1er mars 2015, je me lançais dans une aventure dont je ne mesurais pas (encore) toute la portée qu’elle aurait dans ma vie quotidienne, dans ma vie de femme, d’épouse et de maman !

Ce que cela m’a apporté depuis trois ans … 

A défaut de m’apporter un vrai salaire et une stabilité financière, je suis aujourd’hui une toute autre personne que celle que j’étais il y a trois ans ! Même si c’est pas encore gagné, je crois avoir gagné en confiance en moi, en confiance en mes compétences. J’ai développé des incroyables capacités de résilience et de persévérance. Face à toutes les difficultés rencontrées (oui oui entreprendre n’est pas toujours facile) j’ai le sentiment d’avoir été bien plus persévérante, patiente et résiliente en trois années que depuis le début de ma vie (si on mets de côté le grave soucis de santé rencontré en 2008).

Y’a pas à dire l’entrepreneuriat vous apprend beaucoup sur vous-même, sur les autres et sur les relations humaines. De ce côté-là, je suis servie, j’ai fait des progrès énormes, des découvertes que je n’aurais même pas eu la chance de faire en dix années de salariat, j’en suis convaincue ! J’ai bien été aidée par deux coachs formidables pour ça, j’en profite pour les remercier ici : merci Valérie d’In-Fine Coaching et Laëtitia de LR Conseils ! Et puis j’ai reçu beaucoup de soutien de toutes les copines entrepreneurs les jours de coup de mou. Donc merci à celles qui se reconnaîtront aussi ! Après une adolescence et un début de vie d’adulte où je n’ai jamais vraiment été à l’aise dans mes baskets, l’entrepreneuriat m’a (un peu) réconciliée avec moi-même. Rien que pour cela je ne regrette pas d’avoir fait ce choix-là en 2015.

J’ai développé mon intuition (même si elle mériterait d’être davantage développée encore … j’y travaille) j’ai appris à m’écouter : oui, oui, s’écouter est important pour ne rien faire qui aille à l’encontre de son bien-être, de ses valeurs et de sa personnalité. J’ai aussi et surtout appris que s’écouter ne signifiait pas en terme entrepreneurial « se regarder le nombril ». S’écouter c’est être égo-centrique, mais dans le bon sens du terme : pour mieux servir les autres,ses clients et son entreprise !

J’ai fait la connaissance de personnes incroyables, bienveillantes, adorables, ouvertes, passionnantes. Je me suis fait, je crois que je peux le dire, des ami.e.s dans le grand cercle des entrepreneurs de mon coin d’Essonne (ils et elles se reconnaîtront… ;-). Le partage qui était déjà une de mes valeurs avant l’entrepreneuriat a pris tout son sens et toute sa place dans mon projet et dans la vie de ma petite entreprise.

J’ai fait des trucs que je n’aurais jamais pensé faire : parler de moi, de mon métier devant une centaine de chef d’entreprises, donner une conférence sur l’agencement du bureau du solo-entrepreneur, décorer une salle de réception à l’hôtel Intercontinental de Paris (et quand je l’écris, je n’y crois toujours pas…), faire une marche arrière à l’aveugle sans rétro avec une camionnette remplie de déco, avoir plus de 380 personnes qui me suivent sur facebook … Recevoir un règlement de plus de 4000 euros pour une prestation de conseil en décoration dès le premier trimestre d’existence de l’entreprise, réaliser un home staging dans une maison d’architecte à Barbizon… et j’en oublie certainement !

Je suis passée par des émotions incroyables, de la tristesse et l’abattement le plus profond en cas d’échec et coups durs, à la joie voire l’extase la plus immense comme celle de ressentir d’être juste là où il faut, à la bonne place à l’instant T et d’accomplir ce pourquoi on est fait !

J’ai une immense gratitude pour tous les apprentissages réalisés durant ces 3 dernières années !

Etre chef d’entreprise … 

Mais j’ai surtout appris qu’être chef d’entreprise c’est (vraiment) un sacerdoce et cela ne s’invente pas. C’est un état d’esprit, une posture de marathonien (et non cet article n’est pas sponsorisé par la marque à la virgule, mais il pourrait…) et de sportif de haut niveau qui ne dois pas te quitter un instant, ! J’avais l’impression de le savoir, j’avais tellement entendu « tu verras, il faut au moins trois ans pour réussir à se payer correctement, tu n’as plus de week-end, tu oublies les soirées entre amis… » mais je n’avais pas mesuré à quel point cela pouvait être à la fois très vrai et très dangeureux ! Je suis rapidement tombé dans le schéma : réussir = tout donner, et bosser comme un.e taré.e. Cela peut être vrai au début… Mais cela ne tient pas sur la durée !

Etre chef d’entreprise c’est savoir devenir endurant ! J’ai beaucoup donné pendant deux ans, un vrai sprint, et puis je me suis pris plusieurs claques. Après deux ans et demi d’activité j’ai vu une vraie baisse d’activité, au lieu de progresser sur la même courbe de progression que les deux premières années, la courbe s’est inversée subitement et inexorablement ! Donc aujourd’hui je peux te le confirmer : je ne crois pas que ce soit une bonne idée de tout donner à son entreprise quitte à oublier de prendre soin de soi. J’ai bossé comme une taré.e. C’est un mauvais calcul, car on perds en productivité au fur et à mesure qu’on se vide de son énergie. Et de l’énergie il en faut (beaucoup) pour développer son entreprise, et il faut surtout savoir recharger ses batteries pour garder les idées claires et les objectifs en tête ! Donc oui être en permanence dans sa tête « chef d’entreprise » et avoir cette posture pour laisser venir à soi les idées, l’inspiration, et pouvoir s’ouvrir à toutes les opportunité mais ne pas s’oublier soi. Car quand on chef d’entreprise, encore plus solo-entreprise, le seul capital humain, la seule énergie vient de vous. Donc son bien-être ne doit pas être une variable d’ajustement, c’est la priorité !

Le deuxième piège dans lequel je suis tombée : « si tu es passionnée, ça roulera tout seul ! » Je suis évidemment d’accord avec le premier principe : être passionné, avoir une vision claire de là où on veut aller et avoir une fois inébranlable en son projet permets en effet d’y aller plus vite et plus loin. Mais cela ne roule pas tout seul : il est important de se fixer des objectifs, et de préparer son carnet de vol et de régulièrement faire le point  « Pourquoi je fais ça ? Qu’est-ce que je veux apporter au monde ? Avec qui je veux bosser? Quels sont mes talents ? Ce que je fais est-il toujours en adéquation avec qui je suis et ce que j’ai envie de faire ? Est-ce que je prends toujours du plaisir dans ce que je fais ? » car la passion ne suffit pas, si on ne structure pas un peu tout ça ! Quand on est salarié, on a souvent la chance d’avoir des entretiens individuels pour faire le point avec son manager, mais en solo-entrepreneur, on est seul face à soi-même pour prendre les décisions et si on ne ne se pose pas régulièrement pour réfléchir à tout ça, on fonce dans le mur ! Et l’erreur est de penser que ces questions là on peut y répondre seul. Se faire accompagner, se former, est une nécessité et il faut prévoir un budget dans son prévisionnel dédié à cette partie accompagnement, car je crois que la clé de la réussite tient dans cet accompagnement ! Faire l’économie sur les formations, n’est pas un bon calcul !

Ces trois dernières années, j’ai donc fait plusieurs erreurs de novices ; j’ai souvent oublié que j’étais (aussi) une maman, une épouse, et j’ai foncé parfois sans savoir pourquoi je faisais les choses et quel était l’objectif au bout ! J’ai cru en mon projet le plus possible, sans me poser régulièrement les bonnes questions. Au moment où cela n’allait plus (quand il était trop tard…) et que j’aurais eu foncièrement besoin d’être accompagnée sur ma stratégie commerciale et pour me poser les bonnes questions j’avais perdu la Foi et l’envie (et dépenser tout mon budget…)

Et maintenant ? 

Aujourd’hui, j’arrive au bout d’un cycle. J’en ai l’intime conviction. Cette certitude intime que 2018 sera une année charnière pour moi et pour N’Hirondelle.

J’ai perdu la foi sur une partie des services que N’Hirondelle propose. Je ne pense pas avoir tout essayé ni tout fait comme il fallait évidemment, mais comme j’y ai passé beaucoup d’énergie depuis trois ans, le réservoir est vide. L’envie n’est plus là. L’intuition me guide vers autre chose. J’essaie de l’écouter, malgré la peur de lâcher une partie de ce qui faisait l’identité de N’Hirondelle… et qui m’apportait malgré tout du chiffre d’affaire. C’est aussi ça être chef d’entreprise c’est oser aller à l’encontre de ce qui est rassurant, et sortir de ce qu’on connaît, de ce qu’on maîtrise et savoir écouter son intuition et son coeur, même si cela fait peur et amène vers l’incertitude.

Forte de tous ces enseignements, j’envisage de faire évoluer N’Hirondelle. Donc d’ici quelques semaines, N’Hirondelle prendra un virage (son envol ?) et c’est une entreprise au visage un peu différent qui va re-naître (mais rassurez-vous, cela restera dans le domaine de la déco…)

On me glisse dans l’oreillette que N’Hirondelle pourrait même changer de nom… Mais chuuuuut, c’est encore un secret bien gardé !

Alors je vais laisser ce petit grain de folie tapi au fond de moi me guider. Je vais écouter encore davantage mon intuition, laisser parler ma créativité et j’espère pour surprendre, vous émouvoir, vous séduire !

Et à tout ceux qui m’ont soutenu et suivie jusqu’ici, je compte bien vous emmener avec moi sur ce nouveau chemin !

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